Le mélasma — aussi appelé chloasma ou masque de grossesse — est l’une des pathologies pigmentaires les plus frustrantes à vivre et à traiter. Récidivant, photo-sensible, influencé par les hormones, il est particulièrement fréquent et difficile sur les peaux mates à foncées (phototypes IV à VI). Voici ce que nous avons appris en traitant des centaines de cas à Nice.
Qu’est-ce que le mélasma ?
Le mélasma est une hyperpigmentation bilatérale et symétrique du visage, à bords flous, touchant préférentiellement le front, les pommettes et la lèvre supérieure. Il résulte d’une hyperactivité des mélanocytes (cellules productrices de mélanine) sous l’influence conjointe de facteurs hormonaux et UV.
Les facteurs déclencheurs
- Grossesse (d’où le nom “masque de grossesse”) — 50-70% des femmes enceintes
- Contraception œstroprogestative (pilule, patch, anneau)
- Traitement hormonal substitutif de la ménopause
- Exposition solaire chronique (80% des cas aggravés par les UV)
- Prédisposition génétique et ethnique (peaux mates)
- Parfois : thyroïdopathies, certains médicaments photosensibilisants
Pourquoi les peaux mates sont particulièrement concernées
Les mélanocytes des peaux foncées sont génétiquement plus actifs et plus réactifs. Face aux stimuli (hormones, UV, inflammation), ils sur-produisent de la mélanine avec une intensité décuplée par rapport aux peaux claires.
Sur la Côte d’Azur, où notre clientèle de phototype IV-V est nombreuse (patientes d’origine maghrébine, méditerranéenne, asiatique, moyen-orientale), le mélasma est un motif de consultation très fréquent.
Les 2 types de mélasma
Techniquement, on distingue :
Mélasma épidermique
- Dépôts mélaniques superficiels (couche épidermique)
- Couleur : brun moyen à foncé
- Sous lampe de Wood : accentué, bordure nette
- ✅ Traitement souvent bon (réponse aux peelings, cosméceutiques)
Mélasma dermique
- Dépôts plus profonds dans le derme, en macrophages
- Couleur : brun-gris, plus terne
- Sous lampe de Wood : non accentué, flou
- ⚠️ Traitement plus difficile, résultats partiels
Mélasma mixte
Le plus fréquent en pratique : combinaison des deux types, avec des zones plus épidermiques et d’autres plus dermiques.
Les erreurs à éviter absolument
1. Le laser pigmentaire classique
C’est l’erreur n°1. Beaucoup de centres proposent du laser Q-switched pour le mélasma. Dans 50-70% des cas, le mélasma rebondit et s’aggrave après laser. Les mélanocytes hyperactifs réagissent en sur-produisant encore plus de mélanine.
Règle absolue : pas de laser pigmentaire sur un mélasma, même picoseconde, même à basse énergie. C’est contre-indiqué.
2. Les peelings trop forts
Un peeling trop agressif (TCA 30%+) peut créer une inflammation qui aggrave le mélasma par hyperpigmentation post-inflammatoire. Il faut privilégier des peelings doux et répétés plutôt qu’une séance agressive unique.
3. L’exposition solaire non protégée
SPF 50+ tous les jours, sans exception, est non négociable. Chapeau, parasol, évitement des heures les plus chaudes. Tout écart = retour du mélasma.
4. Les cosmétiques agressifs
Gommages mécaniques quotidiens, acides forts sans supervision, peelings maison : aggravent l’inflammation et donc le mélasma.
Notre protocole chez ORA Clinic Nice
Phase 1 : évaluation
Diagnostic précis du type de mélasma (lampe de Wood), identification des facteurs déclencheurs (hormonal, solaire, cosmétique), photos médicales de référence. Éventuelle discussion avec médecin traitant sur modification de la contraception si elle est clairement impliquée.
Phase 2 : préparation
2-4 semaines de préparation cutanée avec cosméceutiques dédiés (hydroquinone, trétinoïne, vitamine C) et photoprotection stricte.
Phase 3 : protocole Cosmelan Mesoestetic
Le Cosmelan reste à ce jour notre traitement de référence pour le mélasma. Protocole en 2 phases :
- Masque cabinet : application du Cosmelan 1 au cabinet, laissé en place 8-12h selon l’épaisseur de peau, rincé à la maison
- Crème d’entretien Cosmelan 2 : application quotidienne à domicile pendant 3-6 mois, associée à photoprotection stricte
Résultats : 70-90% d’amélioration dans la plupart des cas, avec stabilisation du résultat sur 12 mois.
Phase 4 : maintenance
Après la phase intensive, cosméceutiques d’entretien à vie (vitamine C, niacinamide, SPF 50+ quotidien), évaluation périodique, possibilité de reprendre un cycle Cosmelan à 12-18 mois si besoin.
Le mélasma de grossesse : cas particulier
En cours de grossesse, aucun traitement actif n’est indiqué. On attend l’accouchement + 3 mois + fin d’allaitement avant de démarrer un protocole. La moitié des mélasmas gravidiques régressent spontanément en 6-12 mois post-partum. Les autres nécessitent un traitement médical.
Peut-on prévenir le mélasma ?
Partiellement :
- Photoprotection stricte dès le début d’une grossesse ou d’une contraception hormonale
- Privilégier les contraceptions non hormonales (DIU cuivre) en cas d’antécédent de mélasma
- Éviter les expositions solaires intenses non protégées sur peaux prédisposées (origine maghrébine, méditerranéenne, asiatique)
Pour aller plus loin
- Peelings médicaux : le guide complet
- Taches pigmentaires : toutes les solutions
- Épilation laser peaux mates : le guide
Pour un bilan mélasma spécialisé (diagnostic précis à la lampe de Wood, protocole personnalisé, cosméceutiques recommandés), réservez un bilan offert au cabinet Lamartine de Nice. Nous prenons en charge ces cas complexes avec l’expertise qu’ils méritent.